Cotisations de sécurité sociale en Algérie 2026 : 34,5 % répartis par branche, avec exemples
Sur le bulletin de paie d’un salarié algérien, la sécurité sociale tient en une ligne : 9 %. Derrière cette ligne, la cotisation totale atteint 34,5 % du salaire soumis à cotisation. L’employeur en supporte la plus grande partie, et l’ensemble se répartit sur cinq branches dont la plus lourde est la retraite. Ce guide explique qui paie quoi, sur quel salaire, dans quels délais, et ce qui alimente réellement votre future pension. Les chiffres sont ceux de la calculatrice de cotisations.
Le taux global publié par la CNAS
La Caisse Nationale des Assurances Sociales des Travailleurs Salariés (CNAS) recouvre les cotisations des salariés pour toutes les branches, y compris la part retraite qui finance la Caisse Nationale des Retraites (CNR). Dans son espace Employeurs, elle fixe le taux ainsi :
| Partie | Taux sur l’assiette |
|---|---|
| Employeur | 25 % |
| Salarié | 9 % |
| Œuvres sociales | 0,5 % |
| Total | 34,5 % |
La répartition par branche
La ventilation ci-dessous reprend le tableau du CLEISS (l’organisme public français de liaison internationale en matière de sécurité sociale) pour les cotisations en Algérie au 1er janvier 2024. C’est celle qu’applique la calculatrice du site.
| Branche | Employeur | Salarié | Œuvres sociales | Total |
|---|---|---|---|---|
| Assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès) | 11,5 % | 1,5 % | — | 13 % |
| Accidents du travail et maladies professionnelles | 1,25 % | — | — | 1,25 % |
| Retraite | 11 % | 6,75 % | 0,5 % | 18,25 % |
| Retraite anticipée | 0,25 % | 0,25 % | — | 0,5 % |
| Assurance chômage | 1 % | 0,5 % | — | 1,5 % |
| Total | 25 % | 9 % | 0,5 % | 34,5 % |
Deux précisions données par la même source :
- La part de 0,5 % finance le Fonds National de Péréquation des Œuvres Sociales (FNPOS), tourné vers le logement social des salariés. La calculatrice l’affiche sur une ligne séparée : elle ne fait partie ni des 9 % du salarié ni des 25 % de l’employeur.
- Dans le bâtiment, les travaux publics et l’hydraulique s’ajoutent 0,375 % à la charge de l’employeur et autant à la charge du salarié, gérés par la CACOBATPH (congés payés et chômage-intempéries).
L’assiette : ce qui est soumis et ce qui ne l’est pas
Selon la CNAS, l’assiette comprend l’ensemble des éléments du salaire ou du revenu proportionnel aux résultats du travail, à l’exclusion :
- des prestations à caractère familial : allocations familiales, prime de scolarité, indemnité de salaire unique, primes de naissance et de mariage ;
- des indemnités représentatives de frais : panier, véhicule, tenue exigée par le poste, frais de déplacement et de mission ;
- des primes à caractère exceptionnel : indemnités de licenciement, indemnité de départ à la retraite ;
- des indemnités liées aux conditions de vie et d’isolement : travail en base de vie, système de relève en zone éloignée.
Le salaire mensuel soumis à cotisation ne peut pas être inférieur au salaire national minimum garanti (24 000 DA depuis le 1er janvier 2026). La page de la CNAS ne mentionne pas de plafond de salaire pour le régime général des salariés.
Cette liste explique pourquoi le salaire de référence de la pension est souvent inférieur au revenu réellement perçu : les primes exclues de l’assiette n’entrent pas dans le calcul de la retraite.
Exemples chiffrés
| Salaire soumis | Part salarié 9 % | Part employeur 25 % | Œuvres sociales 0,5 % | Total 34,5 % |
|---|---|---|---|---|
| 24 000 DA | 2 160 DA | 6 000 DA | 120 DA | 8 280 DA |
| 60 000 DA | 5 400 DA | 15 000 DA | 300 DA | 20 700 DA |
| 120 000 DA | 10 800 DA | 30 000 DA | 600 DA | 41 400 DA |
Détail pour un salaire de 60 000 DA :
| Branche | Salarié | Employeur |
|---|---|---|
| Retraite | 60 000 × 6,75 % = 4 050 | 60 000 × 11 % = 6 600 |
| Retraite anticipée | 150 | 150 |
| Assurances sociales | 900 | 6 900 |
| Chômage | 300 | 600 |
| Accidents du travail | — | 750 |
| Total | 5 400 DA | 15 000 DA |
Salaire après retenue de sécurité sociale : 60 000 − 5 400 = 54 600 DA. L’impôt sur le revenu (IRG) est prélevé ensuite ; il sort du cadre de ce guide. Ce qui va chaque mois à la branche retraite pour ce salarié : 4 050 + 6 600 + 300 = 10 950 DA, soit 18,25 % du salaire.
Salarié au salaire minimum (24 000 DA) : la retenue est de 2 160 DA, dont 1 620 DA pour la retraite, et l’employeur verse 6 000 DA.
Délais de déclaration et de paiement
Les obligations pèsent sur l’employeur. Selon la CNAS et la loi n° 83-14 :
- Affiliation du salarié : la demande est adressée dans les 10 jours qui suivent le recrutement. À défaut, l’affiliation est faite d’office, à l’initiative de la caisse ou à la demande de l’intéressé, de ses ayants droit ou de l’organisation syndicale.
- Retenue : l’employeur prélève la part du salarié à chaque paie, et le salarié ne peut pas s’y opposer.
- Déclaration de l’assiette et paiement : dans les 30 jours qui suivent chaque trimestre pour l’employeur de moins de 10 salariés, et chaque mois pour celui qui en occupe plus de 9.
- Déclaration annuelle des salaires et des salariés : dans les 30 jours qui suivent la fin de l’année civile.
Le non-respect de ces règles expose l’employeur à des majorations et à des pénalités de retard. La déclaration peut se faire à distance sur le portail de la caisse.
Catégories à taux particuliers
| Catégorie | Taux | Assiette |
|---|---|---|
| Travailleurs à domicile | 29 % (24 % employeur, 5 % travailleur) | Salaire national minimum garanti |
| Personnes employées par des particuliers | 6 % (4 % employeur, 2 % travailleur) | Salaire national minimum garanti |
| Sportifs professionnels | 34,5 %, répartition générale | Salaire |
Les travailleurs non salariés ne relèvent pas de ce régime mais de la CASNOS. D’après le CLEISS (2024), leur cotisation est de 15 % du revenu annuel imposable, partagée à parts égales entre les assurances sociales et la retraite, sur une assiette comprise entre 216 000 et 4 320 000 DA par an. La CNAS accorde par ailleurs des réductions de la part patronale aux employeurs qui recrutent des demandeurs d’emploi pour 12 mois au moins.
Comment la cotisation devient une pension
La pension ne se calcule pas sur le total des sommes versées, mais sur deux éléments que la déclaration établit : le nombre d’années et le salaire déclaré.
- Les années : l’article 6 de la loi n° 83-12 exige 15 ans de travail, dont sept ans et demi ayant donné lieu à versement de cotisations. Chaque trimestre non déclaré manque à ce compteur.
- Le salaire : la pension vaut 2,5 % par année du salaire moyen soumis à cotisation des 5 dernières années, ou des 5 meilleures. Être déclaré à 40 000 DA au lieu de 60 000 DA économise 1 800 DA de retenue par mois au salarié, mais ramène une pension de 30 ans de 45 000 DA à 30 000 DA.
Le choix de la date de départ est traité dans Planifier sa retraite en Algérie, et la formule détaillée dans Comment calculer votre retraite en Algérie.
Erreurs fréquentes
- Confondre 34 % et 34,5 % : l’écart est la part des œuvres sociales (0,5 %), qui n’est pas retenue sur le salaire.
- Croire que l’employeur paie 26 % ou plus : le taux général est de 25 %, et il n’est majoré que dans le bâtiment, les travaux publics et l’hydraulique.
- Accepter un emploi non déclaré : les années non déclarées ne comptent ni pour la condition de 15 ans ni pour le taux de la pension.
- Ne jamais vérifier le salaire déclaré : une erreur découverte à 60 ans est bien plus difficile à corriger.
Le taux global, l’assiette et les délais proviennent de l’espace Employeurs du site de la CNAS ; la répartition par branche et le régime des non-salariés, du tableau du CLEISS au 1er janvier 2024. Les taux sont modifiés par voie réglementaire : en cas d’écart avec votre bulletin de paie, adressez-vous à l’agence CNAS de votre wilaya. Calculez votre retenue avec la calculatrice de cotisations et votre pension avec la calculatrice de retraite.
Envie d’appliquer ces règles à vos propres chiffres ?